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 MEDICAMENTS : Une explosion mal maîtrisée

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Nico99
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MessageSujet: MEDICAMENTS : Une explosion mal maîtrisée   Sam 7 Oct - 12:24

MEDICAMENTS. -- Le gouvernement fera connaître dans quelques semaines son plan médicaments. Or, les déremboursements ont déjà fait grimper les prix

Une explosion mal maîtrisée : Hélène Rouquette-Valeins


« La République s'en met deux fois plein les poches ! » Ce pharmacien bordelais (1) peste contre l'opération de baisse de TVA qui double celle des déremboursements. L'Etat applique en effet une TVA de 2,1 % aux médicaments remboursés et de 5,5 % aux autres. Un de ses collègues a même un exemple à citer. « J'ai acheté du Brochokod, un sirop pour enfants, avant le déremboursement. Je continue donc de le vendre au même prix qu'avant mars 2006. En revanche, je donne à l'Etat une TVA plus que doublée. »
Dans l'ensemble, les pharmaciens ne sont pas ravis de vendre, souvent en quantité moindre, cachets, gélules et sirops dont les laboratoires ont fait exploser les prix que le client final sera seul à régler. D'autant que les pharmaciens passent pour les responsables de ces hausses, le patient lambda ignorant la plupart du temps que l'officine n'est pas un service public et qu'elle est bien obligée de se fournir chez les grossistes, après avoir plus ou moins bien négocié les remises.


Médicaments « de confort ». Les médicaments remboursés représentent 20 milliards d'euros. En décidant en mars dernier de ne plus rembourser quelque 156 d'entre eux, l'Etat escomptait une économie de 200 millions d'euros. Prétexte trouvé : le service médical assuré est jugé insuffisant au regard des critères de remboursement actuel et de la gravité des pathologies concernées. La Haute Autorité de santé a conseillé de donner la priorité aux traitements les plus performants, quitte à sacrifier les médicaments dits « de confort ». Reste qu'il est difficile aussi bien pour les pharmaciens que pour les médecins d'expliquer à leurs clients et patients qu'un médicament ayant fait ses preuves durant des années devient tout d'un coup inefficace. L'arbitrage n'est donc pas médical mais économique.
Depuis mars 2006, le prix des médicaments déremboursés a explosé : entre + 24 et + 349 %, selon une enquête de « 60 millions de consommateurs » (2). Ainsi, l'Efferalgan vitamine C va passer, selon l'officine, de 1,95 la boîte à 3,95 ; les 20 sachets de Muculator se négocieront 3,85 dans une pharmacie et 6,70 dans une autre. Nos confrères de « 60 millions » ont calculé que la hausse moyenne avoisinait les 85 % (voir ci-dessous les résultats pour un échantillon de cinq médicaments couramment utilisés). « Il est hors de question que ce soit le consommateur qui règle chaque fois l'addition, commente d'ailleurs Thierry Saniez, délégué général de l'association CLCV (Consommation, logement et cadre de vie). Des écarts de prix si sensibles, commente-t-il, qu'ils montrent que quelque chose ne tourne pas rond. »
Sur le sujet, la CLCV maintient une position très simple. « Soit le médicament n'est pas délivré sur prescription, et alors il faut pouvoir le vendre en boutiques de parapharmacie, mais il y a en France un lobby qui l'empêche. Soit le médicament ne se délivre que sur ordonnance. Et là, le prix est fixé par l'Etat, le même partout. »


Négocier les « remises ». Xavier Bertrand, le ministre de la Santé, a bombé le torse, dénonçant « une situation inadmissible » et intimant aux laboratoires de « trouver des mécanismes de régulation ». Ceux-ci ne se privent pas de l'avoir fait. Ils augmentent les prix de vente aux pharmaciens au motif que les déremboursements entraîneraient une baisse de la consommation, jusqu'à 80 %, et qu'il leur faut rattraper ce manque à gagner en volume sur le prix unitaire. Sauf que nombre de généralistes persistent à prescrire des produits déremboursés, précisément parce qu'ils continuent de faire confiance à leur effet bénéfique.
C'est ce que confirme une étude réalisée par Cetipharm pour le compte de revues spécialisées. S'y ajoute l'automédication de plus en plus pratiquée par les Français et qui les pousse à acheter des produits dont ils ont déjà pu mesurer les effets. Mais il va leur falloir adopter une mentalité de comparateur. Car les prix peuvent varier du simple au double selon l'officine dont on franchit le seuil. Et pas en raison de l'âpreté au gain plus ou moins déclarée du pharmacien, mais de sa catégorie et de son chiffre d'affaires.
Les petites officines moins de 800 000 euros de CA commandent des médicaments en moins grande quantité et peuvent donc moins facilement négocier les « remises ». Lesquelles peuvent atteindre 50 % pour les grosses pharmacies, à partir de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires. Ensuite, il appartient à chaque homme de l'art, qui fait aussi partie des professions médicales, de calculer sa marge. En règle générale, autour de 30 %. « Il faut choisir, tranche notre pharmacien bordelais, entre la notion de commerce et celle de service. » Et ne pas oublier, ajoute son confrère, que nous sommes « dans une lutte identique à celle de la grande surface et du commerce de proximité. Le consommateur peut gagner dans l'immédiat et perdre à long terme, quand il ne pourra plus choisir. »
(1) Il a souhaité rester anonyme mais il ne s'agit pas du professionnel qui témoigne ci-contre. (2) « 60 millions de consommateurs » d'octobre 2006, nø 409.

Il est difficile d'expliquer qu'un médicament ayant fait ses preuves devient tout d'un coup inefficace
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